KAZAKHSTAN


KAZAKHSTAN
KAZAKHSTAN

Proclamé État indépendant le 16 décembre 1991, le Kazakhstan s’étend sur 2,7 millions de kilomètres carrés de steppes, arides pour l’essentiel; celles-ci sont bordées à l’ouest par le bassin de la Volga et le rivage oriental de la mer Caspienne jusqu’au golfe de KaraBogaz; elles sont partagées au sud par le plateau d’Oust Ourt, la mer d’Aral, le cours inférieur du Syr Daria et la chaîne du Tien Chian dont les sommets s’élèvent progressivement jusqu’à 7 500 mètres aux abords de la plaine de Kouldja; fermées à l’est par les chaînes de l’Alataou djoungare et de Tarbagataï et les contreforts de l’Altaï, elles sont prolongées au nord par la steppe et la taïga sibériennes et le piémont de l’Oural; les steppes du Kazakhstan sont baignées par de grands fleuves comme le Syr Daria – dont le débit annuel qu’épuise l’irrigation des plantations de coton et des rizières sur son cours inférieur est encore de plus de 37 kilomètres cubes –, l’Irtych ou l’Oural, de vastes lacs et mers intérieures tels le lac Balkhach alimenté par la rivière Ili qui arrose le Pays des sept fleuves (Semiretchié en russe, Jettisou en kazakh) ou la mer d’Aral dont la surface s’est rétractée de 40 p. 100 depuis le début des années soixante et le niveau des eaux abaissé de 14 mètres en raison notamment du tarissement des fleuves nourriciers; mais le travail de l’homme n’a que très partiellement soustrait ces terres aux pâturages: aujourd’hui les terres arables couvrent moins de 15 p. 100 du territoire du Kazakhstan. Aussi jusqu’au début du XXe siècle, c’est-à-dire avant la sédentarisation forcée des populations nomades, les steppes de l’Asie centrale ont-elles contraint leurs habitants au nomadisme. Elles ne furent jamais densément peuplées: aujourd’hui encore, le Kazakhstan n’abrite qu’à peine plus de 6 habitants au kilomètre carré. Non pas que son territoire ait été dépourvu de toute agglomération urbaine avant son annexion et sa colonisation par la Russie tsariste: au lendemain même de la conquête mongole, le bassin du Syr Daria et la région du Semiretchié abritaient des villes, dont certaines rassemblaient plus de 100 000 habitants, et, depuis le Moyen Âge, les liens et les échanges économiques, culturels et politiques qui unissaient les steppes d’Asie centrale aux cités environnantes – les villes russes du bassin de la Volga ou, surtout, les oasis du bassin de l’Amou Daria et du Sinkiang – furent étroits et intenses. Les frontières ethniques et politiques ne les séparent guère que depuis la seconde moitié du XIXe siècle.

Les tribus nomades turco-mongoles, qui parcouraient plus qu’elles ne peuplaient les steppes du Kazakhstan – littéralement «pays des Kazakhs» –, furent appelées Scythes par Alexandre de Macédoine, puis Huns lorsqu’elles fondirent sur l’Europe au IVe siècle de notre ère et Kazakhs par les Turcs d’Asie centrale à partir du XIVe siècle, c’est-à-dire «brigands», «rebelles» ou «guerriers nomades en lutte contre l’État ou contre leurs compatriotes». Jusqu’à l’instauration du régime soviétique, la langue officielle préférait toutefois à cette épithète une expression mieux assortie à l’autorité de l’État, «la Horde d’or», en référence à l’État héritier de l’empire gengiskhanide, qui fédéra les tribus kazakhes jusqu’au XVe siècle. Les Kazakhs, privés d’un État unitaire depuis le début du XVIIIe siècle, ont-ils jamais formé une nation moderne? Au lendemain de la proclamation de l’indépendance, une partie de la classe politique et de l’intelligentsia kazakhes, à l’instar d’Oljas Souleïmenov, poète, écrivain et animateur du parti du Congrès du peuple après avoir été le fondateur du mouvement antinucléaire Semipalatinsk-Nevada, déplore que le peuple kazakh n’ait pas pu, faute du développement industriel requis, parachever sa formation nationale.

Une terre d’exil

Les steppes kazakhes furent conquises par la Russie tsariste entre le début du XVIIe et la seconde moitié du XIXe siècle: la ville d’Ouralsk fut fondée en 1620 et celle de Gouriev (aujourd’hui Atyraou) sur la mer Caspienne en 1645; au XVIIIe siècle, la Russie s’efforça d’interdire l’incursion des nomades sur son territoire en élevant une ligne de fortifications à l’intérieur même des steppes kazakhes entre l’embouchure de l’Oural et le bassin de l’Irtych – la forteresse d’Omsk fut édifiée en 1716, celle de Semipalatinsk en 1718 et celle d’Oust-Kamenogorsk en 1720; défait par les armées djoungares, qui décimèrent jusqu’au tiers de la population kazakhe, le khan de la Petite Horde, Abilkhaïr, sollicita la protection de la Russie et reconnut sa suzeraineté en 1734; en 1741, le khan Aboul Mouhammad et le sultan Abylaï, confrontés au même adversaire, apportèrent à l’impératrice de Russie, Anna Ivanovna, l’allégeance de la Horde Moyenne, et, en 1818, le khan de la Grande Horde, Siouk, eut recours à la protection de la Russie dans sa lutte contre les khanats de Khiva et de Kokand; dès lors, la Russie tsariste parachevait la conquête des steppes kazakhes en édifiant une nouvelle ligne de fortifications le long du Syr Daria, sur les rives de l’Ili et dans la région du Semiretchié –, la forteresse de Viernyi, devenue en 1929 capitale de la république soviétique du Kazakhstan sous le nom d’Alma-Ata, fut bâtie en 1854 sur le site du village kazakh d’Almaty dont, capitale du Kazakhstan indépendant, elle a recouvré le nom au printemps de 1993.

Sur des terres dépeuplées, les colons furent majoritaires dès le début du siècle: en 1920, les Kazakhs ne formaient déjà plus que 46,6 p. 100 de la population de la république autonome du Kazakhstan, qui abritait alors moins de 5 millions d’habitants. Les premiers colons furent les Cosaques, chargés de la conquête et de la garde des marches de la Russie qu’ils assuraient en combattant mais aussi en cultivant la terre et sur laquelle ils se fixaient souvent définitivement, puis des paysans russes que l’abolition du servage en 1861 contraignit à la recherche de terres inoccupées et d’innombrables proscrits politiques, qu’il s’agisse d’écrivains libéraux, tel Dostoïevski, exilé à Semipalatinsk de 1850 à 1854, ou suspects d’inclinations nationalistes, tel Taras Chevtchenko, relégué dans la forteresse d’Orsk, puis de Novopetrovsk sur la péninsule de Manguychlak entre 1846 et 1852, ou encore de Polonais insurgés contre le pouvoir du tsar. À la faveur de la guerre civile, les Kazakhs constituèrent à nouveau la majorité (soit 57,6 p. 100 en 1926) de la population du Kazakhstan, mais la collectivisation, la terreur, la guerre et l’industrialisation accélérée des années trente et quarante renversèrent à nouveau cet équilibre démographique: la famine fit périr 1,7 million d’entre eux et en contraignit 1 million à l’exil; la main-d’œuvre industrielle requise par l’exploitation des gisements de matières premières du Kazakhstan fut essentiellement d’origine étrangère, et, en 1939, à l’issue de la première campagne d’industrialisation, les Russes formaient les deux cinquièmes de la population; pendant la Seconde Guerre mondiale furent exilés au Kazakhstan plus de 530 000 citoyens soviétiques évacués des zones de combat, plus de 100 000 citoyens polonais, plus de 360 000 citoyens russes et ukrainiens d’origine allemande et près de 510 000 Caucasiens accusés par le régime d’intelligence avec l’ennemi; ils accrurent d’un quart sa population d’avant guerre. À l’issue de la campagne d’exploitation des terres vierges qui, lancée en 1954, entretint ce flux migratoire jusqu’au milieu des années soixante, les Kazakhs ne formaient plus que 8 p. 100 de la population rurale du Kazakhstan.

Ainsi, depuis le XIXe siècle, le Kazakhstan est une terre d’exil intérieur pour le peuple kazakh lui-même, qui ne forme à nouveau la majorité relative de la population que depuis la fin des années soixante-dix et n’en formera pas la majorité absolue avant la fin du siècle; pour longtemps encore, les Kazakhs resteront minoritaires dans les villes et les sites industriels du Kazakhstan ainsi que dans l’ensemble de ses régions septentrionales: au recensement de 1989, ils constituaient moins d’un tiers de sa population urbaine, moins d’un cinquième de sa main-d’œuvre industrielle et de la population des régions de Karaganda, de Petropavlovsk et de Koustanaï. Le peuple kazakh est un peuple acculturé: deux Kazakhs sur cinq avouent ne pas connaître leur langue maternelle, et la proportion de ceux qui sont exclusivement russophones parmi les jeunes générations est plus importante encore car l’usage de la langue kazakhe, dont les emprunts à la langue russe sont innombrables, est transmis par la voie familiale plus que par le système scolaire qui, en 1992, instruisait encore les deux tiers des écoliers kazakhs en langue russe.

Les manifestations du 17 décembre 1986 à Alma-Ata, consécutives à la nomination du Russe Guennadi Kolbine au poste de premier secrétaire du Parti communiste du Kazakhstan en remplacement du Kazakh Dinmoukhamed Kounaev, qui exerçait ces fonctions depuis 1957, ont semblé à certains observateurs symptomatiques du réveil national du peuple kazakh. Cependant, elles rassemblèrent moins de 10 000 manifestants et furent probablement en partie suscitées par l’élite dirigeante locale à laquelle le pouvoir central imposait un homme d’appareil à qui elle reprochait non pas tant d’être russe que de lui être tout à fait étranger.

En 1991, les dirigeants du Kazakhstan indépendant ont proclamé le 16 décembre jour anniversaire de l’indépendance, et non pas fête nationale, car le Kazakhstan n’est pas l’État du peuple kazakh.

Un État en mal d’identité

Dans ses frontières actuelles, le Kazakhstan est sans précédent en tant qu’État indépendant. «C’est aux premières années du régime soviétique que nous devons la possibilité de créer une république sur notre territoire traditionnel, menacé d’être démembré en trois parties au XIXe siècle, de restaurer son intégrité, de fixer et d’authentifier le tracé de ses frontières et de poser ainsi les fondements juridiques de la création d’un État indépendant», déclarait à l’automne de 1992 aux représentants de la diaspora kazakhe le président de la République, Noursoultan Nazarbaev, lui-même héritier du système soviétique: après avoir accédé à la tête du Parti communiste du Kazakhstan en juin 1989, il fut élu président de la République par le Soviet suprême et confirmé dans ses fonctions par près de 95 p. 100 du corps électoral lors des élections au suffrage universel du 1er décembre 1991. Depuis le début du XVIIIe siècle et jusqu’à l’instauration du régime soviétique en effet, les steppes kazakhes étaient partagées en plusieurs entités politiques autonomes, les hordes, elles-mêmes agrégats de tribus.

Dès la création de la république autonome du Kazakhstan au mois d’août 1920, les frontières septentrionales de ce qui ne constituait guère pourtant qu’une unité administrative furent contestées par les communistes russes de Sibérie. C’est à leur instigation qu’elles le furent à nouveau lorsque, en 1936, le Kazakhstan fut promu au rang de république fédérée. En 1929, la région d’Orenbourg, sa capitale jusqu’en 1924, avait été rétrocédée à la Russie. Depuis la fin des années quatre-vingt, une partie de la classe politique et de l’intelligentsia russes, arguant de l’intégration économique étroite des provinces septentrionales du Kazakhstan aux régions de l’Oural et de Sibérie occidentale, de la prépondérance numérique des Russes au nord de la mer d’Aral et de leurs droits historiques sur des terres qu’ils ont peuplées, mises en valeur et urbanisées, revendique à nouveau la révision du tracé de la frontière, longue de quelque 7 000 kilomètres, qui sépare le Kazakhstan de la Russie. Celle qui est commune à la Chine et au Kazakhstan n’a pas encore été sanctionnée par un traité bilatéral: les autorités chinoises en contestaient traditionnellement le tracé au motif qu’il avait été imposé par la Russie tsariste en vertu du traité «inégal» de Tchoungoutchak signé en 1864, et, instruites par la création de la république du Turkestan oriental en 1944 avec l’aide du pouvoir soviétique, elles redoutent la résurgence de revendications irrédentistes ou nationalistes qui tendraient à la révision du statut territorial du Sinkiang, peuplé de plus d’un million de Kazakhs et d’une dizaine de millions de Ouïgours. Mais la frontière méridionale du Kazakhstan, maintes fois redessinée depuis 1920 et au nord de laquelle, sur les rives du Syr Daria que les populations nomades de la steppe ont longtemps disputées aux peuples sédentaires des oasis d’Asie centrale, vivent encore quelque 300 000 Ouzbeks, est-elle plus stable? Pour la défense de ses frontières, le Kazakhstan ne dispose pas même des armes nucléaires stratégiques déployées sur son territoire et dont les autorités ont accepté dès le printemps de 1992 le démantèlement sans avoir obtenu les garanties de sécurité qu’elles sollicitaient de la communauté internationale afin que leur pays échappe à l’hégémonie militaire de la Russie.

Selon le texte de la Constitution entrée en vigueur le 28 janvier 1993, la république du Kazakhstan, proclamée laïque, une et indivisible, est «la forme étatique de la nation kazakhe autodéterminée», mais «le détenteur de la souveraineté est le peuple du Kazakhstan» tout entier et non pas la nation kazakhe en particulier. La langue kazakhe est proclamée langue d’État, mais la langue russe demeure, au terme de controverses qui ont occupé l’essentiel des travaux constitutionnels, «la langue de communication interethnique», et la loi sur la langue du 22 septembre 1989 ne contraint nullement les employés de l’État à l’usage de la langue kazakhe qui ne doit être que «l’une des langues de travail». Il est vrai que 1 p. 100, seulement des Russes du Kazakhstan maîtrisent la langue d’État. L’islam, en revanche, tardif, superficiel et longtemps empreint de pratiques et de croyances chamanistes, n’est pas au Kazakhstan un facteur de discorde. Au printemps de 1992, le président de la République déclarait: «le consensus interethnique doit être le fondement de notre politique intérieure», et le gouvernement a depuis lors scrupuleusement observé ces prescriptions. Mais peut-il neutraliser tout ferment de crise nationale?

Une colonie d’exploitation

Jusqu’aux années cinquante, les steppes kazakhes furent des terres d’élevage: avant leur colonisation, les Kazakhs y cultivaient à peine plus de vingt-cinq mille hectares; à la veille du lancement de la campagne d’exploitation des terres vierges, la superficie emblavée était encore inférieure à 10 millions d’hectares; elle est aujourd’hui de 35 millions d’hectares, soit l’ensemble des provinces septentrionales du Kazakhstan d’Ouralsk à Oust-Kamenogorsk. Ces terres ne rendent pas plus de 15 quintaux de céréales à l’hectare, mais leur production annuelle totale est en moyenne de 25 millions de tonnes (elle a atteint quelque 30 millions de tonnes en 1992 grâce à des conditions climatiques exceptionnelles). Ailleurs, la steppe est restée livrée à l’élevage: avant la révolution d’Octobre, elle nourrissait déjà plus de 5 millions de bêtes à cornes, plus de 18 millions d’ovins, près de 4,5 millions de chevaux, 750 000 chameaux et 250 000 porcs; le cheptel, en diminution depuis la fin des années quatre-vingt, compte encore près de 10 millions de bêtes à cornes, près de 35 millions d’ovins – soit le plus important cheptel ovin après celui de l’Australie – et 3 millions de porcs, mais seulement 1,7 million de chevaux et moins de 150 000 chameaux. L’industrie agro-alimentaire du Kazakhstan n’est pas à la dimension de cette production végétale et animale, et n’en traite qu’une partie; elle ne conditionne que la moitié seulement de la production laitière et ne produit que 100 000 tonnes de farine; l’insuffisance des moyens de transports et de conditionnement provoque la perte d’une part considérable de la production agricole, plus du tiers de la production céréalière notamment.

Les richesses du sous-sol étaient exploitées dès le XIXe siècle et avant la Première Guerre mondiale les mines de charbon de Karanganda, les mines de cuivre de Balkhach, les gisements polymétalliques d’Oust-Kamenogorsk et les puits de pétrole d’Emba étaient administrés par des investisseurs français, autrichiens et britanniques. Cependant, en 1913 le Kazakhstan n’assurait pas même 1 p. 100 de la production industrielle de la Russie tsariste et comptait à peine 50 000 ouvriers d’industrie. Ses ressources minérales ne furent systématiquement explorées et exploitées qu’à partir des années trente: la production de charbon des mines de Karanganda fut alors portée de moins de 300 000 tonnes à plus de 6 millions de tonnes et, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’industrie, qui ne fournissait que 6 p. 100 du produit intérieur du Kazakhstan en 1920, en assurait déjà près des trois cinquièmes; le combinat métallurgique de Tchimkent contribuait alors pour plus des trois quarts à la production de zinc de l’Union soviétique, celui de Balkhach, pour plus de la moitié de sa production de cuivre et les derricks du nord-est de la mer Caspienne, pour un cinquième de sa production de pétrole. Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses unités de production furent construites ou transplantées au Kazakhstan, qui devint l’un des centres vitaux de l’économie de guerre.

Cependant, dans le cadre de la division du travail entre républiques soviétiques, le Kazakhstan était exclusivement conçu comme une source de matières premières pour les industries métallurgiques de l’Oural et de la Sibérie occidentale essentiellement: à la fin des années 1980, il assurait un tiers de la production de cuivre de l’Union soviétique, les deux cinquièmes de sa production d’uranium, la moitié de sa production de zinc et près des trois quarts de sa production de plomb, et il délivrait aux autres républiques soviétiques plus des quatre cinquièmes de sa production propre de métaux non ferreux et à la Russie la totalité de sa production d’uranium.

Depuis le démembrement de l’Union soviétique, l’indépendance économique de la République du Kazakhstan est gravement hypothéquée par l’insuffisance de ses infrastructures industrielles et de son industrie de seconde transformation: au début des années quatre-vingt-dix, le Kazakhstan produisait 22 millions de tonnes de pétrole brut mais importait de Russie 6 millions de tonnes de produits pétroliers, il livrait un tiers d’une production de 130 millions de tonnes de charbon aux centrales thermiques de Sibérie occidentale qui l’alimentaient à leur tour en énergie électrique. Son réseau ferroviaire ne s’étend que sur 13 000 kilomètres et son réseau routier n’a que 100 000 kilomètres de voies principales. Les dirigeants du Kazakhstan, dont les seules voies de communication extérieure transitent par la Russie, ont toutefois entrepris d’émanciper l’économie de leur pays en lui ouvrant de nouveaux moyens d’accès aux marchés internationaux à travers l’Iran par la mer Caspienne, à travers la Chine vers l’océan Pacifique et l’océan Indien ou vers l’Europe à travers la Turquie.

Kazakhstan
état d'Asie centrale, bordé par la mer Caspienne à l'O., la Russie au N., la Chine à l'E., le Kirghizstan, l'Ouzbékistan et le Turkménistan au S. 2 715 100 km²; 17 200 000 hab. (Kazakhs: 41 %; Russes: 37,5 %); cap. Alma-Ata. Nature de l'état: rép. présidentielle. Langues: kazakh, russe. Monnaie: tenge. Relig.: islam, orthodoxie. Géogr. et écon. - Composé de plaines et de plateaux steppiques à l'O., l'état est bordé au N. et à l'E. par des hauteurs (seuil Kazakh) et devient montagneux près de la Chine. Le climat est continental; les précipitations sont assez faibles. Les cultures sont pratiquées soit de façon extensive, soit dans les oasis et les zones irriguées (blé, riz, coton, tabac); l'élevage est omniprésent. Le sous-sol recèle de nombr. métaux (cuivre, fer, plomb, zinc, nickel, manganèse), du charbon et du pétrole. Industr. métall., chim. et text.; énergie hydroélectrique. Hist. - Les Russes ne sont parvenus à dominer les Kazakhs (ou Kirghiz-Kazakhs: "Kirghiz libres"), d'origine mongole, qu'à la fin du XIXe s. Détachés de la Kirghizie en 1925, les Kazakhs formèrent une république fédérée de l'U.R.S.S. en 1936. Après son indépendance, et son adhésion à la C.é.I. (déc. 1991), le Kazakhstan refusa, par la voix de son président Noursoultan Nazarbayev (secrétaire général du Parti communiste, devenu Parti socialiste), de s'en remettre à la nouvelle autorité russe en matière nucléaire: l'U.R.S.S., depuis l'explosion de la première bombe en 1949, avait fait du pays une importante zone d'essais (région de Semipalatinsk, notamment) et de stationnement de missiles balistiques. La base spatiale de Baïkonour est également sise au Kazakhstan. En 1995, N. Nazarbayev, soucieux d'une bonne entente avec la communauté internationale, a renoncé au maintien d'armes nucléaires sur son territoire. La même année, il a fait adopter, par référendum, la prolongation de son mandat présidentiel jusqu'en 2001 et une nouvelle Constitution accordant un large pouvoir au chef de l'état.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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